Miellée de tournesol



Pourquoi ?


Depuis une dizaine d’années des observations de fortes baisses de production sur miellée de tournesol (réputée pour être forte et stable) ont été observés.

Ce projet se propose d’aborder la dynamique des colonies et le comportement des butineuses sur cette miellée à travers une expérimentation multi-site, coordonnée par l’ITSAP-Institut de l’abeille. Celle-ci vise donc à mieux comprendre la relation entre le potentiel nectarifère de l’espèce végétale cultivée Helianthus annuus (tournesol) et la production de miel par les colonies d’abeilles domestiques (Apis mellifera).

 

Comment ?


Pour répondre à la question posée, le projet s’est construit sur deux axes expérimentaux :

ü  Le suivi de 180 colonies d’abeilles mellifères (9 sites) pendant la miellée de tournesol. Ce travail s’est déroulé en région Centre, Aquitaine et Midi-Pyrénées et dans chaque région : 3 ruchers de 20 colonies par région. Un rucher et son environnement (1,5km de rayon) représentent un site ;


ü  La production de références sur le potentiel nectarifère (quantité de nectar secrété et taux de sucre) et l’attractivité de diverses variétés (en plein champ et en situation de microparcelles) vis-à-vis des abeilles mellifères a été menée. Cette étude a été réalisée sur les 9 sites.

 

Et alors ?


Seuls quelques premiers résultats consolidés entre tous les sites sont présentés ici et en deux parties :

ü  Partie A : suivi des colonies : dynamique et gain de poids avec un focus sur la quantité de réserve en miel en début et en fin de miellée


ü  Partie B : comptage de butineuses sur les capitules de tournesol par tranche horaire

 

Partie A – Etat des réserves en début et en fin de miellée


Figure : Variabilité du paramètre « réserves en miel » entre le début et la fin de la miellée de tournesol pour l’ensemble des 3 régions et des 9 ruchers (180 colonies).

Globalement, la majorité des colonies présentent une augmentation des réserves en miel entre le début et la fin de la miellée. Cette évolution présente néanmoins une grande variabilité intra et inter-régions et inter et intra-ruchers. Par exemple, le rucher 4 en Midi-Pyrénées démarre la miellée avec une surface évaluée en réserve, quasi nulle (boxplot rouge foncé) et atteint une médiane d’à peine 25dm² (boxplot rouge clair), c’est le seul rucher présentant une si faible évolution avec un niveau final très faible. A l’inverse, le rucher 12 (bleu foncé et bleu clair) en région Centre ne présente aucune évolution de sa surface en réserve (médiane env. = 60dm² au début et en fin de miellée).

D’autres résultats, non présentés ici, expriment la variabilité des différents paramètres de la dynamique des colonies et de l’infestation varroa.

 

Partie B : comptage de butineuses sur les capitules de tournesol par tranche horaire


L’expérience a révélé la présence de butineuses sur les capitules de tournesol fleuris de 8h à 18h avec des médianes relativement similaires et ce quel que soit l’horaire d’observation. L’exploitation médiane du tournesol par les butineuses est inférieure à 0,5 abeille/capitule fleuri sur toutes les tranches horaires de la journée. Elle montre toutefois que près d’un capitule sur deux est fréquenté lors d’un même comptage. Un maximum est observé à 1 abeille/capitule fleuri à 17h mais c’est également la tranche horaire qui révèle la plus grande variabilité dans les comptages. Toutefois, cette première observation et ce jeu de données ne permettent pas de distinguer des pics de butinage par période de la journée.