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Observatoire des résidus



Pourquoi?


L'observatoire (ORP) a pour ambition d'apporter aux apiculteurs une information clarifiée sur la pression chimique présente dans les zones d'agriculture céréalière. Deux dispositifs expérimentaux, « Observatoire des Résidus de Pesticides » (ORP) et « Miellées de tournesol » (MT) ont été mis en place en 2014 par l'ADAM, en collaboration avec d'autres ADAs et sous la coordination de l'ITSAP.

 

Comment?


Deux dispositifs de 20 colonies chacun ont été testés:

  • Un rucher sédentaire (A), de mars à septembre
  • Deux ruchers transhumants (B et C), de juin à aout sur une miellée de tournesol

 

Et alors?


Développement des colonies

Les essaims formés en 2013 sont sortis d'hivernage avec une bonne dynamique, atteignant leur pic de croissance vers la fin de la floraison du colza. La quantité de couvain ouvert reste ensuite relativement stable avant de retomber pendant la floraison du tournesol. La quantité de couvain fermé diminue plus tôt: dès la fin du colza et ce de façon linéaire jusqu'à la fin de la saison.

On constate un affaiblissement des colonies débutant après la récolte de colza.

Les observations semblent indiquer une mortalité anormalement élevée au cours des stades larvaires à partir de cette période (période où le pourcentage de nourrices porteuses de varroas phorétiques semble pourtant au plus bas). Les réserves en pollen et en miel demeurent relativement stables, avec toutefois une baisse de la quantité de pollen récolté: tendance identique à la quantité d'abeilles et de couvain operculé avant un regain sur le tournesol.

 

Analyses chimiques

27 substances ont été détectées voire quantifiées (19/27), parmi lesquelles, 7 ne sont plus autorisées en France.

 

La cire

Pour 95% des cires prélevées en début de suivi, au moins un résidu a été détecté.

La présence de coumaphos et de tau-fluvalinate confirme la forte rémanence des traitements anti-varroas dans les cires en dépit du renouvellement progressif des cadres.

Six autres molécules ont été retrouvées dans cette matrice, i.e., 2 insecticides (chlorpyriphos et cypermethrin), 3 fongicides dont un non-autorisé (pentachloroanisol), ainsi qu'une substance à effet corvifuge (anthraquinone), interdite depuis 2009. Cette dernière contamination, vraisemblablement issue de semences de blé enrobées met en évidence le transfert possible de pesticides entre des semences enrobées de cultures non mellifères vers les matrices apicoles.

D'une manière générale, les profils de contamination des cires semblent caractéristiques des différents ruchers reflétant leurs environnements respectifs ainsi que les historiques de traitement anti-varroas, propres à chaque apiculteur.

Parmi les 4 échantillons de cire bâtie au cours de la saison (rucher A), un seul présente une contamination au dicofol et au pp-dicofol, des acaricides autorisées jusqu'en 2009 et interdits depuis.

 

Le pollen

Entre le 17 mars et le 7 août 2014, 48% des échantillons provenant du rucher A étaient contaminés par 2.15 pesticides en moyenne. Au cours des 4 premières semaines, le chlorpyriphos, un insecticide neurotoxique de la famille des organophosphorés a été quantifié dans la totalité des prélèvements.

Un pic de contamination du pollen a été constaté dans les prélèvements effectués entre le 7 et le 17 avril. Au cours de cette période, au total 10 matières actives différentes ont pu être identifiées. Il s'agit d'herbicides et de fongicides que l'on retrouve pendant tout le printemps mais dont les niveaux de contamination diminuent progressivement jusqu'à passer en dessous des seuils de détection à l'approche de la miellée de tournesol. L'analyse des échantillons prélevés sur les 3 ruchers au cours de cette floraison s'est en effet révélée négative, (excepté 2 cas isolés de détection d'herbicide). Bien que les quantités de pesticides rencontrées soient à des niveaux théoriquement inférieurs aux doses létales pour les abeilles, des effets synergiques entre ces molécules stockées dans le pain d'abeille pourraient en partie expliquer le manque de corrélations constaté entre les quantités de couvains ouvert et fermé, et la baisse progressive des populations dès la fin du colza.

 

Le nectar et le miel

Aucune substance n'a été détectée. Les limites de détections étant relativement élevées (0.01 à 0.02 ppm; i.e., 0.01-0.02 mg/kg), des analyses complémentaires en «mono-résidus» focalisées sur la détection et la quantification de cinq néonicotinoïdes ont donc été réalisées et se sont révélées négatives. Cependant, 16 échantillons de nectar frais de tournesol ont été analysés. De l'imidaclopride (un des cinq néonicotinoïdes) a pu être quantifiés dans une parcelle ayant un antécédent blé (2013) issu de semences enrobées Gaucho®. Bien que marginal, ce résultat démontre bien les risques d'expositions sub-létales liés à la rémanence de ces insecticides dans les sols et à leur potentielle biodisponibilité dans les grandes cultures mellifères ou dans les adventices.